La Plateforme de la société civile en faveur du multilinguisme (http://ec NULL.europa NULL.eu/education/languages/news/news3505/call_en NULL.pdf) a été créée par la Commission européenne en octobre 2009. Le commissaire Orban avait demandé que la société civile soit consultée dans tous les pays de l’UE afin que la plateforme présente un ensemble de propositions préliminaires permettant d’orienter la réflexion au niveau de l’UE, des états membres et des régions, et de concevoir les modes de financement d’une nouvelle série de programmes (2014-2020). Il avait aussi demandé que de nouvelles études soient entreprises dans des domaines d’intérêt particulier et que soient relevés des exemples de bonnes pratiques afin qu’ils puissent être partagés.

Les propositions de la plateforme ont maintenant été rendues publiques dans un document de politique générale (voir communiqué de presse ici (http://www NULL.ceatl NULL.eu/wp-content/uploads/2011/08/1107-Policy-Recommendations-PR NULL.pdf)). En tant que membre du Groupe de travail de traduction et de terminologie, le CEATL est heureux d’annoncer qu’il contient plusieurs importantes recommandations concernant la traduction et les traducteurs littéraires. Quelques exemples :

  • La prédominance de l’anglais en tant que langue source est écrasante. Dans presque tous les pays, plus de 60% de l’ensemble des traductions ont l’anglais comme langue source, alors que les traductions vers l’anglais ne représentent qu’environ 3% de la totalité des livres publiés dans cette langue. La réalité est faussée. Afin de corriger ce déséquilibre, l’UE devrait encourager et aider les Etats membres à mettre en œuvre de nouveaux projets, à collecter des données sur les livres publiés y compris celles portant sur les traductions (langage source, nom du traducteur). Ces statistiques devront être mises à jour et largement diffusées.
  • Le nombre de traductions de langues moins répandues en d’autres langues de la même catégorie est très réduit. Des mesures concrètes à l’échelon européen ou national devraient être prises pour promouvoir des traductions littéraires des langues moins répandues en anglais et autres langues dominantes ainsi qu’en d’autres langues moins répandues.
  • Les traducteurs littéraires sont d’importants transmetteurs de la culture, mais l’absence de visibilité de leur travail ne leur donne qu’un faible poids sur le marché. En conséquence, les rémunérations des traducteurs ne correspondent pas à leur niveau d’éducation, ni à leurs efforts créatifs pas plus qu’au temps qu’ils investissent dans leur travail (cf. ‘Revenus comparés des traducteurs littéraires en Europe (http://www NULL.ceatl NULL.eu/wp-content/uploads/2010/09/surveyfr NULL.pdf)‘, CEATL, 2008). Cette situation pèse sur la qualité des traductions, et par conséquent sur la qualité de l’image que nous avons d’autres cultures.
  • Tout programme de soutien à la traduction littéraire inclus dans le futur Programme Culture de l’UE devrait être concentré tant sur la diffusion des ouvrages que sur la qualité des traductions ; en outre, les traductions de livres de non-fiction devraient bénéficier du même soutien.
  • Des initiatives doivent être encouragées visant à améliorer le visibilité des traducteurs littéraires.
  • En vertu de la Convention de Berne (http://www NULL.wipo NULL.int/treaties/fr/ip/berne/trtdocs_wo001 NULL.html) signée par l’ensemble des pays européens, les traductions littéraires doivent être considérées comme des œuvres originales. Ce point doit être mis en valeur. Des mesures devraient être prises pour assurer une meilleure protection juridique au traducteur considéré comme un auteur. La Recommendation de l’UNESCO de Naïrobi (http://unesdoc NULL.unesco NULL.org/images/0011/001140/114038f NULL.pdf#page=158) peut servir de départ.
  • Il existe très peu de programmes reconnus et de qualité d’enseignement de la traduction littéraire en Europe. Il n’y a pas sur le sujet d’informations centralisées ni de critères communs à l’échelon européen. Très souvent la traduction littéraire n’est qu’un sujet mineur pour ceux qui étudient la traduction générale. Avec la création de diplômes de traduction littéraire, les cours devront être dispensés par des traducteurs littéraires confirmés.
  • les Etats membres devraient remplir les obligations définies par la Convention culturelle européenne (http://conventions NULL.coe NULL.int/Treaty/FR/Treaties/Html/018 NULL.htm). La formation à la traduction devrait débuter tôt au lycée, et être associée aux cours de langue, de littérature et de culture.
  • La mobilité est essentielle pour les traducteurs. Elle peut être associée à un programme offrant aux traducteurs expérimentés l’option de cours de remise à niveau et de formation sur le terrain. Une formule modeste mais très efficace pour atteindre ce but est le  système des centres de traduction. Sur une base annuelle, les centres de RECIT (http://www NULL.re-cit NULL.eu/) accueillent quelques 1.000 traducteurs en résidence et plus de 10.000 participants au cours d’évènements consacrés à la traduction littéraire, séminaires et conférences. Les centres de traducteurs devraient être admis à bénéficier du soutien institutionnel de la Commission.
  • Des bourses de mobilité devraient être attribuées aux traducteurs de tous les pays d’Europe, ainsi qu’à ceux qui traduisent des langues européennes.
  • L’établissement de nouveaux centres de traducteurs dans les pays qui n’en possèdent pas devrait être encouragé, dans le cadre de la Résolution sur le multilinguisme (http://www NULL.ceatl NULL.eu/wp-content/uploads/2010/09/EU_Council_multilingualism_fr NULL.pdf) 4Ac : ‘développer les possibilités et la qualité de la formation aux métiers de la traduction.’
Documents émanant de la Plate-forme (en anglais):
  • communiqué de presse [pdf (http://www NULL.ceatl NULL.eu/wp-content/uploads/2011/08/1107-Policy-Recommendations-PR NULL.pdf)]
  • sommaire et version abrégée du document [pdf (http://ec NULL.europa NULL.eu/education/languages/pdf/doc5080_en NULL.pdf)]
  • version complète et Appendices (rapports des groupes de travail, questionnaires et exemples de meilleures pratiques) [pdf (http://ec NULL.europa NULL.eu/education/languages/pdf/doc5088_en NULL.pdf)]
Recommandations de la plate-forme de la société civile en faveur du multilinguisme
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