L’année dernière l’Union des traducteurs bulgares (http://www NULL.bgtranslators NULL.org/) (BTU) a dû traiter de plusieurs cas de plagiat de traduction.

En mars dernier, la professeure Ana Dimova, traductrice littéraire et membre de la BTU, a publié un article intitulé Joseph Roth l’(in)connu, traduction ou transcription, dans la célèbre revue littéraire Literaturen Vestnik. Dans cet article, elle comparait une traduction récente en bulgare de nouvelles de Joseph Roth par Vladko Murdarov („Легенда за пияницата светец“, Flamant noir, 2015) avec sa propre traduction des mêmes nouvelles trente ans auparavant („Гробницата на капуцините“. Избрани творби. Народна култура, 1986), ne trouvant que des différences minimes. Le Comité d’éthique professionnelle de la BTU a décidé de mener son enquête et a demandé une expertise. Gergana Fyrkova-Angelova, docteure es lettres, universitaire et elle-même traductrice littéraire, a analysé en détail les deux versions bulgares des mêmes œuvres, (à savoir : Der VorzugsschülerKarriereKranke MenschheitApril. Die Geschichte einer LiebeDer blinde Spiegel, Stationschef FallmerayerTriumph der SchönheitDie Büste des KaisersDer Leviathan, Die Legende vom heiligen Trinker),  en tenant compte des spécificités des  textes originaux, et a conclu que dans leurs autres travaux les traducteurs ont leur propre approche bien distincte, que Vladko Murdarov a utilisé la traduction d’Ana Dimova en y apportant des corrections insignifiantes et que par conséquent sa traduction ne peut être considérée comme un travail personnel. Sur la base de cette expertise, la BTU a publié une déclaration officielle stipulant que Vladkoch Murdarov a puisé directement dans la traduction d’Ana Dimova, et a condamné cet acte illégal.

Plusieurs mois plus tard, le Comité d’éthique professionnel a été alerté par un nouveau plagiat : il s’agissait cette fois de la traduction d’un recueil de nouvelles d’Arthur  Schnitzler („Като насън“, Flamant noir, 2012) par Vladko Murdarov. L’expertise analytique de Gergana Fyrkova-Angelova a conclu une fois de plus que Murdarov avait délibérément utilisé les traductions précédentes des mêmes textes originaux (Fräulein ElseSpiel im Morgengrauen, Traumnovelle), traduits respectivement par Nikola Tolchev, Panayot K. Chilkov and Nedyalka Popova, effectuant des changements insignifiants qui ne correspondaient pas à des erreurs. La BTU a publié une nouvelle déclaration défendant le droit d’auteur des traducteurs dont le travail avait été volé, et a attiré l’attention sur le fait que si une nouvelle traduction des nouvelles de Schnitzer était publiée en Bulgarie, ce n’était pas parce que la première était fautive, mais parce que cette nouvelle traduction bénéficiait du soutien financier des institutions culturelles étrangères.

Enfin, Konstantin Illiev, célèbre auteur dramatique bulgare, a écrit à la BTU pour signaler que sa traduction de Die Kleinbürgerhochzeit ( „Избрани творби на Бертолт Брехт“, т. ІІІ, Народна култура, 1985) avait été plagiée, par le même Vladko Murdarov („Едноактни и пиеси уроци“, Рива, 2009). Illiev lui-même a fourni des preuves répétées et irréfutables de ce plagiat. La BTU a condamné cette pratique illégale, et a affirmé sa résolution de continuer à défendre les droits des traducteurs.

Toutes les déclarations de la BTU et les expertises de Gergana Fyrkova-Angelova sont disponibles sur le site de la BTU (http://www NULL.bgtranslators NULL.org/) et ont été publiées dans la presse culturelle. La lettre de Konstantin Illiev est publiée dans le journal Kultura.

Trois cas de plagiat en Bulgarie
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