L’Association des traducteurs littéraires tchèques a célébré la Journée mondiale des traducteurs par sa cérémonie annuelle de remise des prix pour les meilleures traductions de l’année écoulée. En même temps, elle a accordé la bourse Hana Žantovská pour la traduction de poésie à Michael Alexa qui est en train de traduire un ouvrage du poète polonais Adam Zagajewski. Un autre jeune talent, Martina Knápková, a mérité le prix Tomáš Hrách que l’association tchèque décerne chaque année à un traducteur débutant. Sa traduction du roman Super Sad True Love Story par Gary Shteyngart est vraiment prometteuse.

Le jury du Prix Josef Jungmann avait la tâche difficile de choisir parmi un grand nombre d’excellentes traductions vers le tchèque parues l’année dernière. Il a décidé d’accorder six prix de créativité (à Petra Diestlerová pour The Thousand Automns of Jacob de Zoet de David Mitchell, à Lada Hazaiová pour 35 muertos de Sergio Álvarez, à Alice Hyrmanová McElveen pour le roman The Fields de Kevin Maher, à Hana Kulišanová pour Boven ist het stil de Gerbrand Bakker, à Radek Malý pour un ouvrage de poèmes choisis de R. M. Rilke, et à Danuše Navrátilová pour L’Art français de la guerre d’Alexis Jenni) ainsi que deux prix d’excellence : à Michaela Jacobsenová pour le roman Aus dem Leben eines Fauns d’Arno Schmidt et à Anna Kareninová pour Cantos II d’Ezra Pound.

Le prix Josef Jungmann de 2014 a été décerné à Robert Svoboda, traducteur du roman hongrois Harmonia Caelestis de Péter Esterházy. Face aux nombreux jeux de mots, calembours, références intertextuelles et autres difficultés du texte original, Svoboda a prouvé sa grande compétence et son talent exceptionnel en recréant formidablement en tchèque le style et la facture du romancier hongrois et en transmettant au lecteur la splendide polyphonie des genres et des styles, des thèmes et des époques, du réel et de l’étrange en une harmonie vertigineuse. Robert Svoboda a pleinement mérité non seulement l’éloge de ses collègues, mais aussi l’attention du jury du prestigieux Magnesia Litera qui a choisi le grand ouvrage d’Esterházy comme la meilleure traduction publiée en 2013.

Des images de la cérémonie et un entretien avec le lauréat ont été retransmis par le Journal culturel de la télévision tchèque en prime time.

Le prix Josef Jungmann de 2014 va à Robert Svoboda