Une enquête du CEATL sur les conditions de travail des traducteurs en Europe

Le CEATL lance une enquête sur les conditions de travail des traducteurs en Europe. Le questionnaire, disponible dans plus d’une vingtaine de langues, est entièrement anonyme. Il ne faut pas plus de 10-12 minutes pour y répondre.

Pour participer à l’enquête, cliquer ici (https://ceatl NULL.eu/limesurvey/index NULL.php/337552?fbclid=IwAR3d3Uc_zPX29Y29q4qXZbV9gdSEWrntYQDmTaozzsysYfdZg15PsSCF8iU)

Les données recueillies nous seront utiles pour poursuivre nos actions auprès des institutions nationales et européennes en faveur de meilleurs conditions de travail, de l’obtention d’aides et de subventions pour les traducteurs littéraires, de la défense du droit d’auteur et du droit de prêt, d’une plus grande reconnaissance culturelle et de plus de visibilité.

Les résultats seront utilisés, entre autres, par l’EACEA (Agence exécutive “Éducation, audiovisuel et culture”) pour évaluer le taux des aides à la traduction que le Programme culturel de l’UE accorde aux éditeurs européens.

Nous comptons aussi mettre ces données recueillies à la disposition des organismes qui subventionnent les littératures nationales et Europe et, à cette fin, financent des traductions dans d’autres pays. Ces données seront les bienvenues dans leur Réseau européen pour la traduction (ENLIT).

Enfin, toutes les associations membres du CEATL pourront s’appuyer sur ces résultats pour mener leurs propres actions.

Le questionnaire est ouvert jusqu’au 10 juillet.

Les secteurs culturels et créatifs de l’Europe appellent l’UE à prendre des mesures budgétaires ambitieuses pour surmonter la crise du COVID-19

Il est temps de passer des paroles aux actes !

Les secteurs culturels et créatifs de l’Europe ont été parmi les premiers et les plus durement touchés par cette crise du COVID-19 sans précédent. Ils seront aussi parmi les derniers. Dans toute l’Europe, presque toutes les activités culturelles ont été annulées ou reportées sine die, tandis que les salles et les magasins ont fermé, entrainant des conséquences désastreuses pour les moyens de subsistance de tous les créateurs et les professionnels de la culture et de la création, ainsi que pour l’écosystème dans son entier. Des millions d’emplois sont en jeu.

Dans sa Résolution sur une action coordonnée pour combattre la pandémie de COVID-19 (https://www NULL.europarl NULL.europa NULL.eu/doceo/document/TA-9-2020-0054_FR NULL.html) et ses conséquences (https://www NULL.europarl NULL.europa NULL.eu/doceo/document/TA-9-2020-0054_FR NULL.html), le Parlement européen souligne à juste titre que les secteurs créatifs et culturels « ont été très durement touchés par les retombées du COVID-19 » et appelle « l’UE et les Etats membres à soutenir les secteurs créatifs et culturels qui jouent un rôle important dans notre économie et notre vie sociale et sont sévèrement affectés par la crise actuelle ». Les membres des commissions, les ministres et les parlementaires mettent régulièrement l’accent sur l’importance vitale de protéger et de soutenir l’écosystème culturel et les créateurs à travers toute l’Europe, afin qu’ils puissent continuer à créer et investir – pour le plaisir de tous les Européens, pendant et après la crise.

Pour l’instant, l’UE a fourni aux Etats membres une aide financière essentielle pour protéger les emplois, les travailleurs et les entreprises affectées par la pandémie du coronavirus, mais n’a pas répondu de façon adéquate aux besoins spécifiques de nos secteurs. Les Secteurs culturels et créatifs, qui représentent 509 milliards d’euros en valeur ajoutée au PIB et plus de 12 millions d’emplois à temps complet (7,5% de la main d’œuvre de l’UE), doivent être considérés comme des secteurs prioritaires et bénéficier de mesures budgétaires ambitieuses. Seuls très peu de pays ont mis en œuvre des plans de congés de récupération tandis que la majorité des professionnels des secteurs culturels et créatifs étaient mis en congé sans salaire, puisqu’un très petit nombre d’employeurs ont les moyens de continuer à payer des salaires ou des indemnités sans aide de l’état. De plus, nos secteurs ont un pourcentage plus élevé que la moyenne de travailleurs indépendants n’ayant pas ou peu d’accès aux prestations sociales et qui se retrouvent donc sans ressources, dans des situations extrêmement précaires.

La Commission européenne devant proposer un nouveau budget et plan de relance à long terme, il est temps de passer des paroles aux actes. Les organisations soussignées, venant des secteurs créatifs et culturels de toute l’Europe, demandent à l’UE :

  • De proposer un budget ambitieux pour le futur Programme Europe créative 2021-2027 – le seul programme cadre de l’EU spécifiquement dédié aux secteurs culturels et créatifs – qui représente aujourd’hui seulement 0.15% du budget total de l’UE. La proposition du Parlement européen pour un budget de 2,8 milliards d’euros devrait être le minimum absolu si on considère la contribution du secteur au bien-être et à l’économie de l’UE, et ses besoins et ses enjeux en ces temps de crise.
  • De faire en sorte que les secteurs créatifs et culturels soient inclus en tant que secteurs prioritaires dans les prévisions du fonds de redressement de l’UE, avec des fonds spécifiques par secteur. Nos secteurs sont parmi les plus durement touchés, et nos chaînes de valeur interconnectées sont fragiles – si elles se sortent de cette crise, surtout les PME, un soutien urgent est nécessaire, comprenant des mesures relatives aux liquidités jusqu’en 2021.
  • D’augmenter les facilités de garantie d’emprunt de l’UE pour les secteurs culturels et créatifs dans le cadre du futur Plan d’investissement pour l’Europe, avec une augmentation du budget, des garanties et de la flexibilité. Les instruments de garantie de prêts provoquent des réactions en chaîne sur l’investissement, dont on a un besoin urgent dans cette période de difficultés économiques.
  • De garantir un budget fort pour le nouveau cluster d’Horizon Europe « culture, créativité et société inclusive ». Au vu de leur nature innovative et audacieuse, les secteurs culturels et créatifs de l’Europe devraient bénéficier d’un budget important au sein d’Horizon Europe.
  • D’assurer que les fonds de l’UE, notamment les fonds structurels, touchent les secteurs culturels et créatifs rapidement et efficacement.
  • D’assurer qu’une part significative des fonds de l’UE est déployée également pour soutenir la subsistance des créateurs, des salariés et indépendants du secteur créatif tout au long de cette crise sans précédent.

En ces temps difficiles, alors que la contribution des secteurs culturels et créatifs au développement social, économique, et artistique de l’Europe ne pourrait être plus tangible, nos secteurs se trouvent cependant en danger d’effondrement partiel ; il est donc plus important que jamais de préserver et soutenir les arts, la culture et l’héritage de l’Europe, et les valeurs qu’ils défendent.

Investir dans notre culture c’est investir dans notre futur.

C’est maintenant qu’il faut transformer les mots en mesures concrètes.

 

SIGNATAIRES

ACT – Association of Commercial Television in Europe

AEC – Association Européenne des Conservatoires, Académies de Musique et Musikhochschulen

AEPO-ARTIS – Association of European Performers’ Organisations

ANIMATION EUROPE

CAE – Culture Action Europe

CEATL – Conseil Européen des Associations de Traducteurs Littéraires

CEPI – European Audiovisual Production

CEPIC – Centre of the Picture Industry

CICAE – International Confederation of Arthouse Cinemas

CIRCOSTRADA – European Network for Circus & Street Arts

ECA – European Choral Association – Europa Cantat

ECCD – The European Coalitions for Cultural Diversity

ECSA – European Composer and Songwriter Alliance

EDN – European Dancehouse Network

EFA – European Festivals Association

EFFORTS – European federation of fortified sites

EFJ – The European Federation of Journalists

EFNYO – On behalf of the European Federation of National Youth Orchestras

EFP – European Film Promotion

EHTTA – European Historic Thermal Towns Association

EI – Europa International

Le dernier Contrepoint est sorti !

Contrepoint est la revue en ligne du CEATL qui parle de traduction littéraire en Europe et au-delà en évoquant les aspects économiques, politiques, culturels et artistiques de la profession.

Que trouve-t-on dans ce troisième numéro ?


La déléguée au CEATL Eva Valvo a écrit un article poignant sur la dureté de la vie de traducteur en Italie en ce temps de confinement.

Une interview de Valeria Pulignano sur ses recherches sur la précarité dans notre profession montre les réalités, et les difficultés, du statut de traducteur indépendant. Ses premières conclusions nous confirment à quel point le combat perpétuel du CEATL pour des conditions de travail décentes est nécessaire, surtout à l’heure actuelle, avec les mutations du marché du travail et la perspective d’une importante crise économique.

La fascinante histoire d’amour des traducteurs avec les cultures et les langues écrites et orales mestizo se trouve au centre d’un texte de la traductrice littéraire Malika Embarek Lopez.

Pour un aperçu de notre fonctionnement interne, le groupe de travail Formation et éducation nous expose le travail poursuivi ces dernières années.

Le numéro continue avec les rubriques habituelles : Pérégrinations, cette fois-ci dans les Balkans, avec un échange entre Albanie et Bulgarie, tandis que dans Nouvelles d’Europe l’un des derniers membres arrivés au CEATL, l’association serbe UKPS, rend compte de sa lutte pour la protection des droits des traducteurs.

Enfin, dans la nouvelle série Mon dictionnaire et moi, Tuncay Birkan initie les lecteurs aux complexités politiques de la traduction en turc.

Contrepoint paraît deux fois pas an en anglais et en français. Pour télécharger la revue et/ou vous abonner (gratuitement), cliquez ici.

De la traduction dans l’air…

Un « antivirus joueur » fait de mots qui traversent les frontières et volent jusqu’au quatre coins du monde pour entrer chez les petits garçons et filles. Le poème pour enfants sur le coronavirus Qu’y a-t-il dans l’air, qui vole ? (Che cos’è che in aria vola?), écrit par Roberto Piumini, l’un des auteurs jeunesse les plus aimés d’Italie, sera bientôt disponible en une trentaine de langues grâce aux nombreux traducteurs qui ont contribué au projet. Ses rimes sur le coronavirus résonneront en anglais, français, espagnol, galicien, allemand, russe, néerlandais, macédonien, bulgare, tchèque, suédois, norvégien, grec, danois, afrikaans, hébreu, polonais, croate, finnois et bien d’autres langues.

Ce projet résulte des efforts conjoints de la Foire du livre jeunesse de Bologne (BCBF), du Conseil européen des associations de traducteurs littéraires (CEATL), de la Fédération internationale des traducteurs (FIT) et des associations italiennes de traducteurs littéraires Strade (http://www NULL.traduttoristrade NULL.it) et AITI (https://aiti NULL.org/it).

Comme l’explique Roberto Piumini, « les mots sont des présents /ce sont des graines à lancer / de bonnes graines, portées par le vent, / à ceux que nous voulons aimer ». Par-delà les frontières géographiques que nous ne pouvons traverser en ce moment.

Vous trouverez le poème est ses nombreuses traductions ici (http://fairtales NULL.bolognachildrensbookfair NULL.com/en/news/is-there-something-in-the-air-by-roberto-piumini/9753 NULL.html)  (cliquez sur les tags tout en bas de la page pour voir les traductions).

 

Bonne lecture !

Un aperçu européen de la traduction en confinement

Le Covid-19 ayant poussé la plupart des pays européens à se confiner et le CEATL à annuler sa rencontre annuelle prévue en mai à Bruxelles, nous avons collecté les réactions des traducteurs à travers l’Europe.

Portugal

Associação Portuguesa de Tradutores APT Portugal a établi une liste de traducteurs volontaires afin de favoriser les échanges entre les patients étrangers et le personnel soignant. Cette liste est disponible sur le site web de l’association (www.apt.pt (http://www NULL.apt NULL.pt/)). C’est un exemple formidable de solidarité.

Brigitte

Allemagne

La VdÜ est partie prenante de la mise en place des programmes nationaux spéciaux pour les travailleurs en free-lance, artistes, auteurs, traducteurs et autres. Un questionnaire sera bientôt remis à nos membres afin d’évaluer les conséquences de la crise sur leur travail, leurs revenus et leur situation en général.

Claudia

Croatie

Nous savons que l’épidémie de coronavirus implique des risques de santé pour tous, mais les plus vulnérables sont nos anciens. C’est pourquoi notre conseil d’administration a décidé d’aider nos collègues les plus âgés. Ils sont tous très satisfaits de cette initiative et deux d’entre eux ont déjà accepté notre aide. Nous allons continuer nos efforts afin qu’ils puissent compter sur nous et rester en bonne santé, aussi bien physique que mentale. Silvana

Le Ministre de la culture de Croatie a pris des mesures en faveur des artistes en freelance, mais uniquement ceux qui bénéficient d’allocations de santé et de retraite de l’état. Nous sommes divisés en deux groupes, ceux qui gagnent moins de leur art et ceux qui gagnent plus de leur art et qui recevront un petit subside en proportion. Ces mesures sont cosmétiques, mais c’est déjà quelque chose. En revanche, aucune aide supplémentaire n’est prévue pour ceux d’entre nous qui ont souffert du tremblement de terre.

Lara

Danemark

L’argent du droit de prêt a été versé en avance comme demandé. La Société des auteurs, dont le DOF fait partie, se concentre massivement sur l’aide à ceux de ses membres en difficulté. L’enjeu principal est d’échanger avec le ministère de la culture et les hommes politiques de façon plus large afin d’obtenir le secours approprié venant des aides apportées par le gouvernement. Cela s’est révélé efficace à de nombreux niveaux, et va porter des fruits supplémentaires, semble-t-il.

De plus, une fondation privée vient d’offrir une aide aux libraires pour qu’ils puissent reculer leurs échéances d’au moins un mois – ce qui est d’un grand secours dans le combat pour que les librairies soient encore là au sortir de la crise.  A cause du confinement général au Danemark, les librairies physiques ont dû fermer temporairement, ce qui bien sûr est mauvais pour le marché du livre en général, et donc aussi pour les traducteurs. Juliane

Le gouvernement a mis en place un programme d’aide aux travailleurs freelance pour cause de crise majeure, lequel est extrêmement bienvenu. Toutefois, ce programme exclut ceux qui en ont le plus besoin : premièrement parce qu’il faut justifier d’un certain niveau de revenus pour y prétendre (afin de ne pas perdre de l’argent en faveur de personnes qui ne sont pas freelance à plein temps), et deuxièmement, parce que le programme ne reconnait pas que l’on peut avoir plusieurs sources de revenus en même temps. Ils n’ont pas tenu compte du patchwork que sont nos revenus, nous qui sommes pour la plupart à la fois travailleurs indépendants et salariés. Les détails doivent être mis au point.

Morten

Slovaquie

Il n’y a pas d’action spécifique menée par notre organisation. Nous avons aidé à distribuer un questionnaire établi par des chercheurs en études de traduction de deux universités slovaques sur l’impact de la situation actuelle sur les traducteurs et les interprètes en Slovaquie. Les résultats sont attendus.

En ce qui concerne les éditeurs, ils sont surtout paniqués pour l’instant, et réclament l’aide de l’état en tant qu’entrepreneurs affectés par la crise, mais n’ont pas rapporté de pertes financières ou de changements dans le calendrier des parutions. C’est vrai que la principale sortie se fera avant Noël.

Les librairies sont fermées et toutes les manifestations publiques annulées, mais les media modernes sont largement utilisées pour le marketing des livres et de la lecture pendant le confinement, ce qui fait bien sûr progresser la vente en ligne.

Il est très possible que les petits éditeurs auront le plus à souffrir, tout comme d’autres petites structures dans d’autres branches.

Miloš

Slovénie

J’entends parler de projets annulés et de paiements différés, mais la situation est très floue. Cela va bien sûr nous affecter dans le futur. Il est très difficile d’avoir une vision plus large car l’information est très sporadique. Autant que je sache, aucun éditeur n’a communiqué quoi que ce soit sur ce qui se passe, et ce à quoi nous pouvons nous attendre. En même temps, le gouvernement a fait passer une loi qui donnera une aide financière aux travailleurs indépendants, mais les conditions sont telles que la plupart des traducteurs littéraires ne peuvent y prétendre. Le gouvernement a d’ores et déjà annoncé des modifications et d’autres mesures. Nous verrons. Personnellement, je ne suis pas très optimiste.

Iztok

Roumanie

Ici, il n’y a eu jusqu’à présent qu’une seule déviation de nos pratiques de travail habituelles. Quelques membres d’ARLIT ont annoncé que leurs éditeurs – trois succursales de la même maison d’édition – leur ont demandé par téléphone ou par mail d’arrêter de travailler sur leurs contrats en cours, parce qu’ils craignaient de ne pouvoir les payer quand le contrat arrivera à terme. ARLIT a mis au point un avenant que les traducteurs peuvent adapter et utiliser pour leurs contrats en cours. Cet avenant demande aux éditeurs de payer les feuillets déjà traduits, si le montant représente au moins un tiers du contrat. Il s’applique aussi aux dates de remise et aux droits d’édition selon différents scénarios. A la suite de cela, la plus grande des trois maisons d’édition mentionnées plus haut a changé d’avis et demandé à ses traducteurs de reprendre le travail selon les termes du contrat – nous ignorons si l’avenant a quelque chose à y voir. Les deux autres maisons d’édition plus petites cessent leurs activités pour l’instant, mais je ne sais pas si elles ont accepté de signer l’avenant.

Simina

Macédoine

Le confinement en Macédoine a affecté les sources de revenus de nombreuses catégories de travailleurs, et les traducteurs et interprètes ne font pas exception. Les politiciens ont lancé des idées destinées à atténuer l’impact pour certaines de ces catégories, mais les travailleurs indépendants ou en freelance ne font absolument pas partie de ces conversations. MATA a envoyé une lettre au gouvernement au sujet de la situation précaire des traducteurs et interprètes, demandant à ce qu’ils soient inclus dans tout projet d’aides potentiel. L’association a aussi mené une enquête parmi les traducteurs et interprètes de ce pays, dans l’espoir de rassembler des informations plus spécifiques, qui seront précieuses dans des futures négociations. Voilà où nous en sommes pour l’instant.

Kalina

Bulgarie

La situation en Bulgarie est semblable à celle décrite en Roumanie par Simina. Les maisons d’édition, grandes ou petites, ont annulé tous les paiements aux traducteurs. Ce qui est honteux de la part des plus grandes, car elles ont des réserves d’argent et leurs ventes en ligne ne devraient pas être trop affectées.

Le Conseil d’administration discute de la question des mesures d’urgence mais je ne vois pas trop quelles mesures peuvent être prises. Un groupe d’artistes indépendants a contacté le ministère de la Culture et proposé la mise en place d’un fonds spécial d’urgence. Le BTU est en contact avec les artistes et le ministère et met en avant les pertes que les traducteurs et interprètes en freelance subissent à cause de cette crise, dans l’espoir que la révision imminente du budget national prendra en compte la situation fragile de nos collègues.

Teodora

Italie

Ici les traducteurs sont, et seront très affectés, de plus d’une façon.

Emotionnellement, ce qui sera sans doute sous-estimé. La plupart d’entre nous ne peuvent guère travailler. Je ne parle pas seulement des mères travaillant chez elles qui en ce moment passent le plus clair de leur temps avec leurs enfants et essaient de les aider avec l’école à la maison (la plupart des traducteurs littéraires en Italie sont des femmes et certaines ont des enfants dont elles doivent s’occuper). Je parle d’une atmosphère générale que nous pouvons voir clairement dans la « bulle des traducteurs » sur les réseaux sociaux : les gens sont inquiets, distraits et manquent de motivation – tout simplement incapables de faire ce travail de création que nous aimons tant d’habitude.

Economiquement, à cause de l’impact sur l’industrie de l’édition tout entière. L’Association des éditeurs italiens, AIE, a annoncé le 24 mars que l’industrie italienne du livre produira 18 600 titres de moins que prévu cette année, avec pour conséquence 39,3 millions d’exemplaires qui ne seront pas imprimés et près de 2500 titres qui ne seront pas traduits. L’impact économique sur les traducteurs littéraires sera sans doute plus visible dans les prochains mois.

Le gouvernement italien a lancé un plan d’urgence afin de soutenir le secteur économique du pays ; ce programme inclut certains travailleurs en freelance (par exemple les traducteurs et interprètes techniques, qui ont été sévèrement affectés aussi, à cause de l’annulation de conférences et assemblées ; voir l’appel commun de AIIC, FIT, et WASLI, fit-ift.org/joint-appeal-coronavirus), mais jusqu’à présent il a totalement négligé ceux qui travaillent avec des rémunérations basées sur les droits d’auteurs. C’est pourquoi Strade, en coopération avec SLC-CGIL (un syndicat de travailleurs dans le domaine de la communication), AITI et d’autres organisations représentant les traducteurs et illustrateurs, fait du lobbying auprès du gouvernement pour inclure les auteurs dans le plan d’urgence. Une déclaration commune est publiée ici (http://www NULL.traduttoristrade NULL.it/2020/il-cura-italia-non-dimentichi-la-cultura/).

Confiants dans le pouvoir apaisant des mots, Strade et AITI ont lancé un projet commun avec le CEATL, FIT et la Foire du livre jeunesse de Bologne demandant aux traducteurs du plus grand nombre de langues possible de traduire un poème sur le Coronavirus de Roberto Piumini, un des plus grands auteurs jeunesse italiens. Message d’espoir, le poème et ses traductions seront bientôt publiés sur le site web de la Foire du livre jeunesse de Bologne.

Eva (Strade) et Francesca (AITI)

France

Ici, la situation est assez semblable à celle de l’Italie décrite par Eva, avec les librairies fermées et les éditeurs qui gèlent la parution des livres pour le moment.

Les aides et subventions prévues par le Centre national du livre et par notre société de gestion collective des droits de prêt ont été maintenues pour des organisations telles que la nôtre, à condition que les auteurs qui devaient participer à des manifestations supprimées (lectures, ateliers etc..) soient rémunérés comme si ces manifestations avaient eu lieu.

Chez nous, différentes associations d’auteurs, incluant notre association de traducteurs, ont envoyé un questionnaire aux auteurs pour estimer dans quelle mesure ils sont affectés par le confinement et essaient d’évaluer leur perte de revenus, de façon à se préparer à des discussions avec les autorités compétentes.

Certaines mesures ont été prises par l’état pour aider les auteurs, comme par exemple leur permettre de recevoir une allocation de garde d’enfants à la maison (allocation à laquelle ils ne pouvaient normalement prétendre), et le report du paiement des cotisations sociales. Le SNE (syndicat des éditeurs) a aussi spécifiquement demandé à ses membres de prendre soin de leurs auteurs et de leur payer leur dû en temps et en heure – certains ont même anticipé, apparemment !

Valérie

Royaume-Uni

Ici, au Royaume-Uni, le gouvernement a réagi relativement vite dans son soutien aux entreprises, en s’engageant à couvrir 80% du salaire des employés (jusqu’à un maximum de 2 500 £ par mois) à condition que les compagnies ne les licencient pas.

Il a fallu une autre semaine au gouvernement pour concevoir un plan de soutien aux travailleurs indépendants : un paiement de 80% du revenu mensuel moyen pour une période de trois mois ; ce paiement consistera en une aide imposable calculée sur la base d’un bénéfice moyen de un à trois ans (selon la date où l’on a commencé à être indépendant), au vu des feuilles d’impôts.

Toutefois, cette aide ne sera versée que début juin, et ne s’applique pas aux personnes qui ont commencé le travail indépendant l’an dernier, ni à celles dont le revenu de travailleur indépendant est inférieur à 50% de leur revenu total. Et aussi, ceux qui travaillent en tant que « compagnie d’une seule personne », – une structure encouragée par les gouvernements successifs où on se verse un salaire minimum et le reste des revenus sous forme de dividendes – ne recevront que 80% de leur salaire minimum.

Dans le même temps, plusieurs organisations – la Société des auteurs, l’organisation mère de TA, la Authors’ Licensing and Collecting Society (qui collecte les revenus des usages secondaires du travail des auteurs, comme la photocopie ou la reproduction digitale), le Royal Literary Fund, English Pen, la TS Eliot Foundation et Amazon UK – ont réuni leurs forces pour soutenir les auteurs (y compris les traducteurs et illustrateurs) avec un Fonds d’urgence pour les auteurs de 330 000 £ à distribuer sous forme d’aides de petites montants.

De plus, l’organisme de subventions le plus créatif d’Angleterre, Arts Council England, a prévu 20 millions £ pour un fonds d’urgence destiné à soutenir des créateurs dans des disciplines variées avec des aides individuelles pouvant aller jusqu’à 2 500 £. Les demandeurs doivent avoir précédemment « pris part à la création de travail subventionné par des fonds publics ». Mais comme les fonds antérieurs peuvent provenir de sources très variées, il est probable que la plupart des traducteurs professionnels auront, à un moment donné, travaillé sur un projet pour lequel l’éditeur (ou l’institution) a reçu une telle subvention.

Enfin, Arts Council England continuera à honorer le paiement des subventions pour des événements ou des initiatives annulées ou reportées.

Roland

Espagne

Quelques éditeurs annulent des publications et des contrats à court terme et demandent aux traducteurs de cesser de travailler sur les contrats en cours. On nous a signalé également des non-paiements.

En ce qui concerne les mesures prises par le gouvernement espagnol en rapport avec notre domaine : le ministre de la culture a demandé au secteur de la culture de lister ses besoins urgents. On estime que l’industrie culturelle va perdre 3 000 millions d’euros en un mois de paralysie. Les sociétés de gestion collective mettent en œuvre un programme pour créer un fonds de crise financé par la collecte des droits d’auteur. Le directeur général de le Promotion du livre et de la lecture a téléphoné au président de l’Association espagnole des guildes d’éditeurs pour l’informer de l’état du secteur culturel qui représente la plus grande contribution au PIB (32,9%). Le gouvernement a approuvé un deuxième paquet de mesures économiques qui concernent aussi les travailleurs freelance. Plus précisément, il a approuvé une allocation égale à 70% du salaire de base de tous les travailleurs freelance affectés par le confinement ou dont les revenus sont réduits à cause du Covid-19 ; les traducteurs doivent faire état d’une perte moyenne de 75% par rapport au dernier semestre pour être exonérés de cotisations sociales. Toutefois, les mesures sont insuffisantes pour les traducteurs pour différentes raisons.

ACE Traductores est membre de Red Vértice, qui a publié une déclaration publique de soutien au traducteurs, interprètes et correcteurs.

De plus, ACE (Asociación Colegial de Escritores dont fait partie ACE Traductores) a récemment envoyé au ministère de la culture – précisément au Directeur général des livres – une liste de propositions pour alléger l’impact économique de la situation sanitaire actuelle. On peut lire ces propositions en anglais sur le site du European Writer’s Council. Le CEDRO (Centro Español de Derechos Reprográficos) a également accordé des fonds aux auteurs et traducteurs dans les situations les plus difficiles et a décidé de payer les sommes dues en avance.

Maria

Pays basque

La situation au Pays basque est plutôt dure, vu la petite taille de notre marché.

Toutes les manifestations pour la promotion des traductions littéraires ont été annulées ou reportées, et nous ignorons ce que sera la situation après cette crise, mais nous ne sommes pas très optimistes. La formation des traducteurs s’en trouve aussi affectée : tous les cours prévus par EIZIE ont été annulés ou reportés, et l’université est fermée.

Cependant, nous pensons que le pire est à venir : notre marché et nos traducteurs dépendent des programmes subventionnés par des fonds publics, et ceux-ci seront sûrement supprimés. L’impact que cette crise aura sur l’économie basque implique que les gens achèteront moins de livres et que les maisons d’édition prendront moins de risques (d’autant que la publication de traductions en basque est souvent considérée comme risquée financièrement de toutes façons).

En ce qui concerne le soutien apporté aux traducteurs le gouvernement basque est bien lent. Il vient seulement de demander à EIZE d’expliquer la situation de nos membres pour mettre en place des mesures, ce qui nous donne de l’espoir, mais nous n’en savons pas plus pour l’instant.

Nous suivons de près le formidable travail de ACE Traductores, qui nous a été d’une grande aide !

Pologne

Pour l’instant, nous n‘avons aucun signe d’éditeurs repoussant ou annulant la sortie de livres ou reportant les paiements, mais ce n’est peut-être qu’une question de temps. Naturellement toutes les manifestations ont été annulées, y compris les foires aux livres etc… Il se passe beaucoup de choses en ligne, avec les lectures en streaming, etc… Les lieux culturels, les artistes, les célébrités et les librairies en ligne ont couplé la campagne #StayAtHome avec #TimeToReadBooks. On peut arguer que ce n’est pas le cas pour un grand nombre de personnes, mais au moins des efforts sont faits pour encourager la consommation de culture en format digital ou en achetant en ligne. On ne sait pas dans quelle mesure cela compensera la perte des ventes.

Jusqu’à présent les traducteurs avec qui nous sommes en contact tiennent le coup, essaient de conserver leur routine quotidienne de travail autant que possible, avec les enfants et la famille à la maison. Nous verrons ce que l’avenir nous réserve. Nous avons tenu la première réunion sociale de notre association avec Zoom pour maintenir notre moral, et nous avons l’intention de recommencer.

En ce qui concerne l’aide organisée, nos collègues de l’Union littéraire, l’association d’auteurs amie, ont démarré une campagne de crowdfunding pour financer le secours aux écrivains qui en ont besoin, qui souffrent financièrement à cause de l’annulation de manifestations publiques, dont beaucoup dépendent pour vivre. Nous les aidons en faisant de la publicité pour cette campagne.

L’Union littéraire et nous-mêmes avons aussi établi un partenariat avec la Fondation Wisława Szymborska pour offrir aux écrivains et traducteurs dans le besoin des résidences à Cracovie pour après la crise ; cela ne va pas les aider dans l’immédiat, bien sûr, mais pourra peut-être leur faciliter les choses après.

Le gouvernement promet un programme d’aide radical, qui est censé inclure les artistes et les travailleurs indépendants, l’avenir nous dira ce qu’il en est. Mais comme nous n’avons pas grande confiance en notre gouvernement, nous n’espérons pas trop pour le moment.

Rafal

Suisse

Avec plus de 20 autres associations professionnelles du secteur culturel, notre association collecte des infos sur les manifestations et contrats supprimés pour pouvoir présenter des informations les plus concrètes possible lors de nos négociations avec les autorités.

Le « décret Covid sur la culture » du 20 mars : aide immédiate pour les artistes dans le besoin et compensation pour la perte de revenus, également pour les travailleurs indépendants (pour un nombre limité de jours). Mais dans le cas des traducteurs cela ne semble fonctionner que pour des personnes qui ne peuvent pas travailler car elles doivent s’occuper d’enfants.

Pour l’instant j’ai appris que certains éditeurs ont reporté des parutions, et je suppose que les éditeurs vont être très prudents dans les prochains mois et que nous aurons moins de travail. Barbara

Suède

Le gouvernement social-démocrate suédois et les partis qui le soutiennent (les Verts, les Centristes et les Libéraux) ont annoncé un paquet d’urgence de 500 millions SEK (environ 50 millions d’euros) destiné au secteur culturel. Comment et quand cet argent sera distribué n’a pas encore été décidé, mais il le sera sous la houlette des autorités expertes, c’est-à-dire le Conseil des Arts suédois, et sans doute le Fonds des auteurs suédois. Cet argent est spécifiquement destiné à de petites entreprises, pas des grands théâtres ou musées. Tout cela s’est décidé très vite, et les détails ne sont pas encore officiels. Notre organisation mère, l’Association des auteurs suédois, y travaille d’arrache-pied.

D’habitude, le Fonds des auteurs suédois décide des subventions deux fois par an, mais en ce moment ils envisagent de décider des subventions d’automne plus tôt, peut-être même avant l’été.

Dans un paquet de crise pour toutes les entreprises suédoises il a été décidé que les paiements mensuels des impôts, TVA, et cotisations sociales, etc. seraient reportés trois fois au cours des 12 prochains mois. Cette décision entrera en vigueur le 7 avril, mais sera appliquée rétroactivement depuis le 1erjanvier.

La fondation Stiftelsen Natur & Kultur a fait un don de 400 000 SEK (environ 40 000 euros) à un fonds de crise qui sera administré par l’Union des écrivains suédois. Son but est de permettre aux membres qui ont perdu des revenus à cause d’événements ou de commandes annulés d’obtenir rapidement une compensation. Cette décision a été inspirée par des pétitions envoyées au gouvernement de la part des organisations d’artistes et de libraires et éditeurs. Cette compensation sera versée sous forme de subventions et les demandes pourront être déposées après Pâques au plus tôt. La même fondation qui a fait un don d’argent possède à présent une maison d’édition et finance un des prix de traduction en Suède.

Lena

République tchèque

En ce qui concerne les actions du gouvernement, il y a des aides pour les indépendants : ils recevront 60 % d’un salaire moyen s’ils s’occupent de leurs enfants à la maison (jusqu’à 13 ans) – normalement cette mesure s’applique seulement aux employés. La contribution obligatoire à la sécurité sociale et à l’assurance maladie a été supprimée pour tous les indépendants (le montant minimum, qui est celui payé par la majorité) pendant 6 mois de mars à août.

Sinon, les éditeurs ont différé leurs parutions, et toutes les manifestations sont supprimées. Les éditeurs et les libraires ont adressé une lettre ouverte au premier ministre pour demander de l’aide : les librairies sont fermées depuis plus de deux semaines, la vente en ligne ne représente que 20% du marché, et ils s’inquiètent pour leur survie (jusqu’à maintenant, ils n’ont reçu aucune réponse du gouvernement). Knihex, « l’association » de petits éditeurs nouvellement créée, a fait une déclaration au sujet de leur situation difficile.

Une enquête a été menée chez les traducteurs et interprètes indépendants au sujet de l’impact de la crise sur leur travail, mais nous n’avons pas encore les résultats.

Récemment, il a été décidé que cette année la plus grande foire aux livres « Svet Knihy » serait annulée. Après l’avoir reportée de mai à octobre, les organisateurs ont décidé d’annuler l’édition de cette année à cause de la situation incertaine en général et surtout pour ne pas empirer la situation des maisons d’édition, car cela leur revient très cher de participer à cette foire en tant qu’exposants.

L’Association des traducteurs littéraires a aussi envoyé une lettre ouverte au ministre des Finances et au ministre de la Culture en réponse à la proposition du gouvernement de verser aux indépendants une aide de 1 000 euros, mais sous certaines conditions, l’une d’entre elles étant de prouver la perte de 10% de revenus au cours des trois premiers mois de cette année, par rapport à la même période l’an dernier. Il est quasiment impossible aux traducteurs de répondre à cette demande, car ils n’ont pas de revenus mensuels réguliers et la crise n’a frappé le pays qu’au milieu du mois de mars. Cette lettre a été publiée aussi sur notre site web. En général, la situation dans le domaine de la culture demeure très incertaine et l’aide de l’état n’est pas vraiment destinée aux personnes travaillant dans le secteur culturel.

Hana

Irlande

Le gouvernement irlandais réagit de façon extraordinairement pertinente et s’efforce de minimiser l’impact financier pour ceux qui ont perdu des emplois ou pour les travailleurs indépendants qui n’ont plus de travail.

Nous avons été informés que le travail de traduction (générale, pas littéraire) et d’interprétation est au point mort. Les travailleurs indépendants peuvent demander une petite somme pour couvrir la perte de leur salaire. Ce qui est mieux que rien.

ITIA a envoyé un court questionnaire à nos membres afin d’essayer d’établir l’impact sur leur travail. Quand nous aurons reçu toutes les réponses nous espérons recueillir les données et en informer le CEATL.

Anne

Turquie

Avec la pandémie de COVID-19, les traducteurs littéraires du monde entier ont vu l’industrie de l’édition être paralysée – et leurs moyens d’existence ne tiennent désormais qu’à un fil. Déjà privés de sécurité sociale et de prestations sociales, les traducteurs en Turquie sont parmi ceux qui sont le plus impactés économiquement par cette crise. Pour faire face à cette adversité, l’Association des traducteurs de Turquie (ÇEVBIR) a mis en place un fonds de solidarité provisoire pour ses membres dans le besoin, déjà assaillis par les conditions de travail précaires et les revenus instables. Annoncé le 28 mars, le fonds a reçu un soutien important de ses membres, et devient une source d’espoir et de solidarité dans ces temps troublés.

Yunus

Pays Bas

Comme les traducteurs sont déjà « confinés » la plupart du temps, leurs conditions physiques de travail n’ont peut-être pas changé tant que ça, mais toutes les manifestations littéraires, lancements de livres ou rencontres d’auteurs ont été annulées, entrainant une perte de revenus pour les traducteurs et les auteurs en question. Afin de réduire ces pertes, les institutions qui organisent les événements littéraires essaient d’en organiser une partie en ligne, ou de les reporter à une date ultérieure cette année.

La parution de nombreux livres est reportée ; cela pourrait impliquer que les rémunérations des traducteurs seront reportées également. De plus, la majorité des traducteurs doivent avoir une autre activité professionnelle pour vivre. Cela peut être l’enseignement, des conférences, ou travailler dans un bar ou un restaurant. Cette partie de leurs revenus est perdue à cause de la crise du Corona.  L’Auteursbond néerlandais a ouvert un registre pour que les auteurs signalent leur perte de revenus liée à leurs activités littéraires. Grâce à ces informations, l’Auteursbond peut intervenir auprès du gouvernement pour obtenir un accord de compensation spécifique aux auteurs.

Dans le même temps, le gouvernement a déjà mis en œuvre un accord pour les travailleurs indépendants : ils peuvent demander une aide de trois mois pour assurer un revenu minimum. Malheureusement il y a aussi des tentatives d’exploiter la situation. Une importante maison d’édition a envoyé un mail à ses auteurs pour leur signifier qu’à cause de la crise elle avait dû modifier sa liste : à la demande des libraires, elle donnerait la priorité aux titres commerciaux qui se vendent sans efforts supplémentaires des libraires. Mais deux collègues qui sont en train de traduire un livre considéré commercial par cette maison d’édition ont été informés que la parution de leur traduction serait quand même reportée.

Cette même maison d’édition a aussi affirmé qu’il y a plus de demandes pour les livres électroniques et les livres audio. Pour stimuler ses ventes, elle organise des campagnes de réductions avec toutes les compagnies importantes. Elle avance que ces actions devant être organisées le plus vite possible, il lui est impossible de demander individuellement aux auteurs de donner leur autorisation. Elle précise que « nous poursuivons le même intérêt », ce qui bien sûr n’est pas toujours le cas.

L’Auteursbond a publié un avertissement sur son site web pour alerter sur ces pratiques. Leur conseil est de limiter votre autorisation à un an, et d’être vigilant sur les ambiguïtés concernant les droits d’auteur. La façon dont ces droits sont calculés n’est pas toujours claire.

Norvège

Les traducteurs littéraires norvégiens ne sont pas pour l’instant directement affectés par la crise. Jusqu’à présent, à notre connaissance, seule une traduction a été annulée (une œuvre dramatique), mais les ventes de livres s’effondrent malgré une augmentation des ventes en ligne et certains éditeurs ont dû mettre des employés au chômage technique, donc qui sait ce qui va se passer dans le futur proche. Néanmoins mon impression est que l’activité continue dans les maisons d’édition les plus importantes, peut-être un peu plus lentement, grâce au télétravail.

Le Parlement a publié un plan d’urgence qui donne droit aux travailleurs indépendants à des allocations chômage, les congés maladie pour les travailleurs indépendants et freelance ont été améliorées temporairement, et il y a aussi une allocation temporaire de soins de santé. L’argent du droit de prêt a été versé en avance. Et le Parlement est en train de mettre en place des règles spécifiques au secteur culturel pour compenser les annulations causées par la crise du Covid-19.

La majeure partie du monde littéraire norvégien est désormais en ligne, il y a des lancements et des lectures tous les jours. On se réunit par Zoom, Skype, Messenger, tout ce que vous voulez. Et, comme une sorte de contribution pour le public, l’Association norvégienne de traducteurs littéraires, avec d’autres associations d’auteurs et d’éditeurs, a conclu un accord avec la Bibliothèque nationale pour donner accès aux étudiants à tous les livres disponibles en format digital.

Hilde

Literature Ireland offre une bourse de résidence à un traducteur bulgare

Literature Ireland permet aux lecteurs du monde entier d’apprécier la fine fleur de la littérature irlandaise dans les meilleures traductions possibles, en attribuant des bourses de traduction aux éditeurs, en recevant des traducteurs littéraires en Irlande, et en représentant les auteurs irlandais lors d’événements internationaux, foires aux livres et festivals.

Literature Ireland appelle des candidatures de traducteurs littéraires de Bulgarie pour une bourse de résidence en Irlande pendant trois semaines en septembre 2020. Cette bourse sera attribuée à un.e traducteur.trice littéraire en activité, travaillant sur une traduction en bulgare d’une œuvre contemporaine de littérature irlandaise. Les frais de voyage, de séjour et de logement seront couverts par Literature Ireland et l’ambassade d’Irlande en Bulgarie. Le lauréat ou la lauréate devra travailler sur sa traduction en cours, s’immerger dans la riche vie culturelle irlandaise et se familiariser avec les nouveaux courants de la littérature contemporaine irlandaise.

Pour plus d’information, contactez info@literatureireland.com (info null@null literatureireland NULL.com)

Les candidatures devront être envoyées à cette adresse mail avant le vendredi 20 mars à 17 heures.

Pour de plus amples renseignements, cliquez ici (https://www NULL.ceatl NULL.eu/wp-content/uploads/2020/03/Literature-Ireland-Irish-Embassy-Bulgarian-2020 NULL.pdf).

(https://www NULL.ceatl NULL.eu/wp-content/uploads/2020/02/literature_ireland_logo_strapline NULL.jpg)

Déclaration conjointe sur les coupures budgétaires pour la culture en Flandres.

(https://www NULL.ceatl NULL.eu/wp-content/uploads/2020/02/Bildschirmfoto-2020-01-07-um-16 NULL.21 NULL.33-e1578411807494-1 NULL.png)

Le secteur du livre européen, représenté par le Conseil des écrivains européens (http://europeanwriterscouncil NULL.eu), la Fédération des éditeurs européens (http://fep-fee NULL.eu), la Fédération européenne et internationale des libraires (http://europeanbooksellers NULL.eu), et le Conseil européen des associations de traducteurs littéraires (http://ceatl NULL.eu/fr), a appris avec consternation les économies sur la culture proposées par le ministre flamand de la Culture. En plus d’une suppression linéaire de 6%, la réduction de 60% des subventions de projets lèse les artistes débutants ou non qui veulent construire leur récit sur les Flandres, l’Europe, et le monde. Les bénéfices sociaux et les effets d’émancipation individuelle de la lecture ont besoin d’un programme de promotion actif avec le soutien de tous les acteurs du secteur du livre.

Avec nos collègues et membres flamands, le Conseil des écrivains européens, la Fédération des éditeurs européens, la Fédération européenne et internationale des libraires, et le CEATL ont toujours soutenu un paysage littérature riche et varié, présentant un éventail large et inclusif. La coopération avec tout le secteur culturel est primordiale, pour regarder au-delà de la politique et des frontières, et pour soutenir les artistes, en particulier les écrivains, afin de leur permettre de construire leur œuvre et de vivre décemment.

Ces réductions affectent aussi les auteurs dont les revenus proviennent souvent sources variées. Cela fait des années que les organisateurs de manifestations littéraires pointent l’absence d’indexation des allocations, avec un impact direct sur les revenus et les opportunités de rencontres avec les lecteurs.

La non-indexation – perte de 3% – et la baisse de 6% du budget de Literatuur Vlaanderen semble être compensée par de l’argent en plus. En fait, cet argent est destiné à des missions nouvelles qui servent plus les objectifs idéologiques et promotionnels du gouvernement que les nécessités réelles des partenaires dans le domaine de la littérature pour qui les 3%+6% de moins nuisent au développement dynamique de la littérature et aux auteurs, traducteurs et illustrateurs flamands.

Pour pouvoir soutenir les opportunités de croissance existantes et la dynamique nécessaire, un financement adéquat du secteur artistique et culturel dans sa totalité est nécessaire. Nous appelons le gouvernement flamand à aborder ce problème de façon positive et à accorder à la culture le financement correspondant à son rôle vital dans la société.

Conseil des écrivains européens – Présidente Nina George

Fédération des éditeurs européens – Président Rudy

Vanschoonbeek

Fédération européenne et internationale des libraires – Co-

Président Fabian Paagman et Co-Président Jean Luc

Treutenaere

CEATL – Président Morten Visby

 

Vous pouvez aussi lire la lettre ici (http://europeanwriterscouncil NULL.eu/joint-statement-flemish-minister-of-culture).

Literature Ireland et le Centre Tyrone Guthrie offrent une bourse de résidence à un traducteur espagnol

Literature Ireland permet aux lecteurs du monde entier d’apprécier la fine fleur de la littérature irlandaise dans les meilleures traductions possibles, en attribuant des bourses de traduction aux éditeurs, en recevant des traducteurs littéraires en Irlande, et en représentant les auteurs irlandais lors d’événements internationaux, foires aux livres et festivals.

Literature Ireland appelle des candidatures de traducteurs littéraires d’Espagne pour une bourse de résidence en Irlande du 20 mai au 8 juin 2020. Cette bourse sera attribuée à un.e traducteur.trice littéraire en activité, travaillant sur une traduction en espagnol d’une œuvre contemporaine de littérature irlandaise. Le lauréat devra travailler sur sa traduction en cours, s’immerger dans la riche vie culturelle irlandaise, et se familiariser avec les nouveaux courants de la littérature contemporaine irlandaise.

Pour plus d’information, contactez info@literatureireland.com (info null@null literatureireland NULL.com)

Les candidatures devront être envoyées à cette adresse mail avant le vendredi 20 mars à 17 heures.

Pour de plus amples renseignements, cliquez ici (http://literatureireland NULL.com).

(https://www NULL.ceatl NULL.eu/wp-content/uploads/2020/02/literature_ireland_logo_strapline NULL.jpg)

Sur les traces de l’histoire grâce à la traduction : atelier international d’histoire de la traduction à Oslo, Norvège

(https://www NULL.ceatl NULL.eu/wp-content/uploads/2020/02/Norway_01_20_toyen-hovedgaard NULL.jpg)
© Université d’Oslo

L’histoire de la traduction est le sujet principal de cet atelier de deux jours, organisé par Traveling Texts (https://www NULL.hf NULL.uio NULL.no/english/research/theme/traveling-texts/) (Université d’Oslo) et l’Encyclopédie norvégienne des traducteurs (https://www NULL.oversetterleksikon NULL.no/) (Association norvégienne des traducteurs littéraires). Le but principal de cet atelier est de comprendre une partie de l’histoire souvent ignorée, l’histoire traduite. Comment les traducteurs ont-ils façonné l’histoire en général et l’histoire littéraire en particulier ? Comment la littérature traduite a-t-elle été lue et étudiée à travers l’histoire ? Qu’est-ce qui caractérise la traduction selon les périodes ? Quel rôle joue la position idéologique du traducteur ? Comment se manifeste l’intertextualité dans les traductions ? Comment écrivons-nous l’histoire des traductions et des traducteurs ? Telles sont quelques-unes des questions que nous explorerons lors de cet atelier.

 

Cecilia Alvstad professeure, Université de Stockholm

Alf B. Glad traducteur et écrivain de non fiction

Aina Nøding bibliothécaire, Bibliothèque nationale de Norvège

Outi Paloposki professeure, Université de Turku

Janneken Øverland critique littéraire et ancienne directrice de la littérature traduite aux éditions Gyldendal

Seront les principaux intervenants.

Date: 4-5 Mai 2020

Lieu: Tøyen hovedgård, Jardin botanique, Oslo

L’atelier est gratuit. Déjeuner, café et rafraîchissements seront servis, mais le voyage et l’hébergement sera à la charge des participants.

Appel à candidature pour le traditionnel prix Susanna Roth destiné aux traducteurs du tchèque débutants

(https://www NULL.ceatl NULL.eu/wp-content/uploads/2020/02/Czech_feb_20_sroth-informal-meeting NULL.jpg)Le prix Susanna Roth est un concours annuel destiné aux traducteurs débutants âgés au maximum de 40 ans, qui doivent traduire un texte de prose tchèque contemporaine. Les candidats doivent être citoyens d’un des pays participants ou y résider, être âgés de moins de 40 ans et ne pas avoir publié de traduction d’un livre dans la langue en question. Le prix consiste en une résidence en République Tchèque et comprend la participation au colloque annuel d’Etudes tchèques et un atelier de traduction. Ce prix, organisé par la Section littéraire de l’Institut d’art et théâtre (http://www NULL.idu NULL.cz/en/) et les Centres tchèques (http://www NULL.czechcentres NULL.cz/en/), est nommé en l’honneur de Susanna Roth, traductrice et bohémiste suisse renommée (1950-1997), qui a contribué de façon significative à la promotion de la littérature tchèque contemporaine à l’étranger.

Plus d’info sur cet appel (date limite 31 mars 2020) ici (http://www NULL.czechcentres NULL.cz/prilezitosti/vyzvy-pro-umelce/vyzva-k-ucasti-na-6-rocniku-ceny-susanny-roth/?fbclid=IwAR0r9CjRmNDRkwbdqJFoBQVQrkszlThCyxQlGKSNv6FYGTw8ITxXXfaULpc).

75 ans de traduction célébrés au Danemark

L’Association des traducteurs danois (DOF), fondée en 1944, a célébré ses 75 années d’existence en 2019. Pour fêter cela, mais surtout pour rendre hommage à ses membres et à leur contribution au paysage littéraire danois, DOF a décidé de lancer un site web « VerdenOversat (http://www NULL.verdenoversat NULL.dk) » (le mot traduit), mettant en valeur la littérature mondiale traduite chaque année depuis 1944 jusqu’à 2019. Ce projet s’est fortement inspiré d’un autre, similaire, « 60 ans de traduction (https://60yearsoftranslation NULL.wordpress NULL.com) » créé par l’Association de traducteurs du Royaume Uni (https://www NULL.societyofauthors NULL.org/groups/translators) en 2018. A l’instar du projet du Royaume Uni, chaque année d’existence de DOF est marquée par un texte court sur une œuvre importante traduite en danois cette année-là. Les textes sont rédigés par des traducteurs, des critiques et des chercheurs en traduction.

(https://www NULL.ceatl NULL.eu/wp-content/uploads/2020/01/denmark-75-anniversary NULL.png)L’idée était de mettre en valeur, de façon très concrète, ce que les lecteurs et écrivains danois manqueraient, si les traducteurs littéraires qui forment DOF n’existaient pas. Le danois est une langue parlée par seulement environ 6 millions de personnes. Sans la littérature traduite, le paysage littéraire serait bien limité. Le but de ce projet n’est pas seulement de mettre en valeur les traducteurs individuellement, mais de présenter un petit échantillon de l’immensité et la diversité de la littérature traduite, aujourd’hui partie intégrante de la conscience littéraire collective du Danemark – depuis Fifi Brindacier et l’Étranger de Camus jusqu’au Seigneur des Anneaux et bien d’autres.

VerdenOversat est un échantillon de l’histoire littéraire mondiale vue du Danemark. Espérons que ce projet renforcera la visibilité des traducteurs et donnera au public l’envie de lire ou relire les magnifiques œuvres littéraires citées.

 

« Nouveaux traducteurs » : EIZIE en Pologne

Trois animations différentes organisées par EIZIE à l’occasion de la manifestation « Nouveaux traducteurs ».

Cette année, plusieurs rencontres sur la traduction eurent lieu lors de « Nouveaux traducteurs  (https://eizie NULL.eus/en/events/itzultzaile_berriak)». Sous la devise « Traduction, pont entre les cultures », trois événements furent organisés par EIZIE, conjointement avec l’Institut basque Etxepare (https://www NULL.etxepare NULL.eus/), dans le but spécifique de parler de l’importance de la traduction dans la littérature (et la culture) basque.

Danele Sarriugarte, traductrice et autrice, Katarzyna Sosnowska, traductrice, Arantzazu Royo, déléguée de EIZIE, et Aitor Arruza, professeur et chercheur, ont assisté à la rencontre à la fin du mois de novembre 2019.

Le premier jour, le 28 novembre, les représentants du Pays basque ont visité l’Institut des études ibériennes et ibéro-américaines (https://www NULL.iberystyka NULL.uw NULL.edu NULL.pl/) à l’Université de Varsovie, guidés par Aitor Arruza. Après une brève intervention, ils ont rejoint un atelier de traduction avec des étudiants de la langue basque.

Le lendemain, 29 novembre, à l’Institut Cervantes (https://varsovia NULL.cervantes NULL.es/pl/default NULL.shtm), s’est tenue une table ronde sur la traduction entre langue dominante et langue minoritaire. L’écrivain et traducteur catalan Abel A. Murcia, Daniele Sarriugarte et Katarzyna Sosnowska ont pris part à un débat intéressant et animé sur la traduction l

(https://www NULL.ceatl NULL.eu/wp-content/uploads/2020/01/eizie_polonia NULL.jpeg)
Photo : table ronde à l’Institut Cervantes.

ittéraire, modéré par Aitor Arruza. A cette occasion, la nouvelle de la récente publication de la traduction en polonais par Katarzyna Sosnowska de L’homme seul d’Atxaga a été annoncée.

A midi le samedi 30 novembre, les délégués du Pays basque et les traducteurs professionnels polonais se sont retrouvés à l’Association des traducteurs littéraires polonais (http://stl NULL.org NULL.pl/english/) pour partager un repas et continuer à échanger au cours d’une séance modérée par Katarzyna Sosnowska.

Pour lire le compte-rendu de cette manifestation par Danele Sarriugate, cliquez ici (https://eizie NULL.eus/en/events/translation-meetings-in-poland-2019).

Lettre ouverte des secteurs culturels et créatifs européens aux dirigeants de l’UE concernant le Programme de l’Europe créative 2021-2027

Le CEATL s’est joint aux autres organisations culturelles européennes exhortant les dirigeants politiques de l’UE à soutenir la proposition du parlement d’augmenter le budget de l’Europe créative. Vous pouvez lire notre lettre ouverte ci-dessous. Nous remercions l’Alliance européenne des compositeurs et auteurs de chansons (ECSA) pour cette initiative.

Programme de l’Europe créative 2021-2027 (https://www NULL.ceatl NULL.eu/wp-content/uploads/2019/12/eu-directive-open-letter NULL.png)
Investir dans notre culture c’est investir dans notre futur.

Monsieur le Président du Conseil européen,
Chers représentants des États membres,

Nous vous écrivons en tant que collectif de 90 organisations issues de tous les secteurs de la culture et de la création en Europe, en prévision des discussions du Conseil européen sur le futur budget de l’UE.

En ce moment clé des négociations sur un futur cadre multi-financier de l’UE (2021-2027), nous vous appelons à soutenir le budget proposé par le Parlement européen pour le programme « Creative Europe » 2021-2027 (https://ec NULL.europa NULL.eu/digital-single-market/en/news/proposal-regulation-establishing-creative-europe-programme), le seul programme-cadre de l’UE consacré aux domaines culturel et créatif.

Aujourd’hui, Creative Europe ne représente que 0,15 % du budg (https://www NULL.europarl NULL.europa NULL.eu/doceo/document/A-8-2016-0357_EN NULL.html?redirect)et total de l’UE (https://www NULL.europarl NULL.europa NULL.eu/doceo/document/A-8-2016-0357_EN NULL.html?redirect). C’est loin d’être proportionné à la contribution de nos secteurs à l’économie de l’UE, qui représente 509 milliards d’euros de valeur ajoutée au PIB et plus de 12 millions d’emplois à temps plein (7,5 % de la main-d’œuvre de l’UE).

Notre culture et nos talents soutiennent la liberté artistique et le pluralisme des médias, qui sont essentiels au maintien de sociétés ouvertes, inclusives et créatives. Cependant, la culture n’est pas à l’ordre du jour politique de l’UE et ces secteurs restent structurellement sous-financés. Le déficit de financement des PME européennes de la culture et de la création est estimé entre 8 et 13 milliards d’euros.

C’est pourquoi nous nous félicitons de la proposition du Parlement européen d’augmenter le budget de Creative Europe à 2,8 milliards d’euros. Nous appelons le Conseil à soutenir cette impulsion indispensable à l’avenir des arts, de la culture et du patrimoine de l’Europe, ainsi qu’aux valeurs qu’ils promeuvent.

La contribution des secteurs de la culture et de la création en Europe au développement social, économique et artistique de l’Europe justifie pleinement la valeur ajoutée des investissements de l’UE dans la culture.

Nos valeurs communes et notre diversité culturelle unique sont au centre de notre projet européen commun et sont les meilleurs ambassadeurs du rayonnement mondial de l’UE dans le monde.

Investir dans notre culture, c’est investir dans notre avenir. Soyons ambitieux et construisons un avenir meilleur pour l’Europe.

 

Pour lire la lettre en espagnol, cliquez ici (https://vasoscomunicantes NULL.ace-traductores NULL.org/2019/12/17/carta-abierta-a-los-dirigentes-de-la-union-europea-ceatl/).

Le deuxième numéro de Contrepoint

(https://www NULL.ceatl NULL.eu/wp-content/uploads/2019/12/Cover-FR NULL.jpg)Voici que nous publions le no 2 de Contrepoint, la revue en ligne gratuite du CEATL pour les traducteurs littéraires et pour tous ceux qui s’intéressent à la traduction, à la littérature et aux questions de politique culturelle et de droit d’auteur en Europe.

La rédaction est fière de présenter à nouveau des articles sur divers sujets en provenance de toute l’Europe – qu’il s’agisse de la promotion des littératures irlandaise et allemande ou de la manière dont une traduction du Jamaïcain Marlon James a provoqué l’ire des traducteurs norvégiens, du cheminement des traducteurs italiens vers une organisation au sein d’un syndicat ou de la manière de fredonner en grec ancien. Shaun Whiteside, notre trésorier et délégué de longue date, nous y explique aussi pourquoi le CEATL est plus nécessaire que jamais. Nous vous souhaitons une bonne lecture ! (https://www NULL.ceatl NULL.eu/wp-content/uploads/2019/12/Contrepoint_2019_02 NULL.pdf)

Italie : en free-lance dans le secteur de l’édition, ils travaillent beaucoup mais gagnent peu

(https://www NULL.ceatl NULL.eu/wp-content/uploads/2019/11/Pat_vignetta_acta-editoria NULL.jpg)

Selon les statistiques officielles, de plus en plus de livres sont publiés en Italie chaque année. Mais les personnes qui travaillent dans ce secteur n’en tirent pas plus d’avantages pour autant : les rémunérations n’ont jamais été aussi basses ni les conditions de travail aussi dures. Ces derniers mois, Acta (https://www NULL.actainrete NULL.it/), l’association italienne des travailleurs free-lance, laquelle est membre de EFIP (https://freelancersweek NULL.org/about/european-forum-of-independent-professionals-efip/) (Forum européen des professionnels indépendants), a entrepris des recherches sur ce sujet, impliquant des éditeurs, traducteurs, graphistes et illustrateurs, free-lance ou salariés. L’enquête a été menée sous forme de groupes de discussion à Milan et Rome, de douzaines d’entretiens individuels et deux enquêtes en ligne, transmises grâce à la collaboration de l’union des traducteurs littéraires SLC-Strade (http://www NULL.traduttoristrade NULL.it/), et l’association des illustrateurs AI – Autori di Immagini (http://www NULL.autoridimmagini NULL.it/).

Il ressort que les effectifs dans l’industrie italienne de l’édition sont largement composés de femmes ayant un haut niveau universitaire, qui travaillent beaucoup (40 heures par semaine en moyenne) et gagnent très peu : plus de la moitié des personnes ayant répondu gagnent moins de 15000 euros brut par an. Ils sont nombreux à être en free-lance, et donc ne bénéficient que partiellement des prestations sociales italiennes ; de plus, ils doivent faire face au problème additionnel des paiements tardifs (plus de 60 jours après établissement de la facture). (https://www NULL.ceatl NULL.eu/wp-content/uploads/2019/11/works-in-progress_rid NULL.jpg)

Afin d’améliorer cette situation, Acta a préparé quatre propositions qui seront communiquées aux employés, aux éditeurs et aux forces politiques dans les mois à venir, à l’occasion de festivals tels que Bookcity à Milan et Più Libri Più Liberi à Rome. Acta demande aux éditeurs de payer correctement tout travail éditorial ; de reconnaitre le rôle des professionnels dans l’édition en imprimant leur nom sur chaque ouvrage publié ; de respecter le paiement et les termes du contrat déjà établis dans la loi italienne ; et de restreindre l’emploi de stagiaires, surtout s’ils ne sont pas payés.

La dernière étape est Milan, lors du festival Bookcity, le samedi 16 novembre à 16 heures, avec le flash mob intitulé « Libri, che Passione ! La via crucis del lavoro editoriale » (« Les livres, quelle passion ! Le chemin des croix du travail éditorial », devant la Fondazione Feltrinelli, viale Pasubio. Le rassemblement continue avec une promenade dans la ville pour expliquer aux festivaliers les nombreuses difficultés que rencontrent les professionnels de l’édition, notamment dans cette ville phare qu’est Milan. Même si l’argument de la passion est souvent utilisé dans le but d’exploiter les travailleurs de ce secteur, ceux-ci doivent rester passionnés pour s’écouter les uns les autres et unir leurs forces pour combattre en vue de l’amélioration de leur situation.

L’hommage de Francfort incite les traducteurs tchèques à unir leurs forces dans une lettre ouverte aux éditeurs

Lors de la Foire internationale du livre de Francfort, l’auteure norvégienne Erika Fatland a rendu hommage aux traducteurs, disant : « Les traducteurs, souvent ignorés, sont les héros de la littérature que je côtoie tous les jours. » (https://www NULL.ceatl NULL.eu/wp-content/uploads/2019/11/czech-republic_nov-19 NULL.jpg)Ils ont été aussi loués par la ministre norvégienne de la Culture, estimant que « les traducteurs devraient recevoir le prix Nobel de la Paix pour leur travail exceptionnel qui nous permet de lire les histoires des autres et donc de nous comprendre mutuellement. » Ces deux déclarations ont incité les traducteurs tchèques à unir leurs forces et à écrire une lettre ouverte aux éditeurs (https://www NULL.facebook NULL.com/obecprekladatelu/photos/pb NULL.183416178503538 NULL.-2207520000 NULL.0 NULL./1346843902160754/?type=3&theater). Cette lettre est signée par les Traducteurs tchèques du nord, le groupe Facebook « Visages de la traduction », et la Guilde des traducteurs littératures tchèques. Ils y exhortent les éditeurs à nommer les traducteurs et pas seulement sur les couvertures, mais à chaque fois que l’ouvrage traduit est mentionné, que ce soit sur les sites web, le matériel de relations publiques, ou dans toute sorte de media, certes pour respecter la loi sur le copyright, mais aussi afin d’exprimer le respect dû aux traducteurs, partenaires essentiels dont le travail permet l’existence même de la littérature étrangère sur le marché local du livre.

Matchmaking in Translation (PREVODADŽISANJE) in UKPS/ALTS

(https://www NULL.ceatl NULL.eu/wp-content/uploads/2019/10/serbia-matchmaking-oct-19_1 NULL.jpg)
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BEPS, le Rassemblement international des traducteurs littéraires de Belgrade, s’est tenu pour la 44ème fois du 17 au 19 octobre. Ces dernières années, cet événement a surtout été orienté vers les traducteurs littéraires de langues régionales (serbe, croate, bosniaque, monténégrin).

Afin de promouvoir à la fois la traduction et notre culture, les membres organisateurs du rassemblement ont voulu créer un autre événement dans celui-ci, intitulé

(jeu de mots signifiant « Matchmaking in Translation »). L’idée était de sélectionner 5 à 6 auteurs de Serbie, talentueux et publiés, dont les œuvres n’ont jamais été traduites dans une autre langue, et de les présenter aux traducteurs invités.  Afin de donner à tous la même opportunité, et d’éviter la forme classique de la présentation de livre, nous avons décider d’organiser ces rencontres sous forme de speed dating. Chaque auteur aurait 5 minutes pour présenter son livre à un des traducteurs, puis, au son de la cloche, les traducteurs se déplaceraient vers une autre table dans le sens des aiguilles d’une montre.

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© Ksenija Vlatković

Pendant l’été, les organisateurs ont contacté de nombreuses maisons d’édition en leur demandant de recommander des auteurs correspondant aux critères et pouvant être intéressés.

Le 19 octobre, six auteurs de six maisons d’éditions différentes ont présenté leurs ouvrages (deux recueils de poèmes, trois romans, et un recueil de nouvelles) à dix traducteurs littéraires susceptibles de les traduire en huit langues différentes (slovène, français, portugais, arménien, albanais, catalan, italien et russe). Les auteurs et les traducteurs ont trouvé cette expérience très inspirante et réussie, ce qui a incité les organisateurs à la transformer en événement annuel, et à envisager de l’élargir à la région entière, de façon à encourager la traduction littéraire d’autres langues régionales similaires.

 

Subventions AC/E pour des projets de traduction de l’espagnol

(https://www NULL.ceatl NULL.eu/wp-content/uploads/2019/10/AC-E-Grants-Spanish NULL.jpe)Par des subventions pour des projets de traduction de l’espagnol, la Sociedad Mercantil Estatal Acción Cultural Española, ou AC/E) encourage les éditeurs étrangers à traduire des œuvres littéraires espagnoles originales, à l’occasion de la participation de l’Espagne en tant qu’invité d’honneur à la Foire du livre de Francfort 2020.

La position de l’Espagne comme pays invité permettra de faire connaitre les auteurs espagnols dans tous les pays et de promouvoir la traduction de la littérature espagnole. Le rôle d’Invité d’Honneur a un impact incontestable en Allemagne et dans l’industrie de l’édition allemande, et permet d’attirer une plus grande attention de la part d’autres marchés stratégiques, puisque le programme encourage la vente des droits à des éditeurs étrangers. Des traductions en allemand, anglais, français, néerlandais et italien pourront être financées.

Pour plus d’information, cliquez ici (https://www NULL.accioncultural NULL.es/en/translationGrants) (français et espagnol) et ici (https://www NULL.accioncultural NULL.es/media/2019/docs/ayudasTraduccion NULL.pdf) (espagnol, allemand et anglais).

Remise du Prix Bastian 2019 pour la littérature traduite en norvégien

Le Prix Bastian 2019 pour une traduction littéraire remarquable a été remis à Oslo lors des célébrations de la Journée internationale de la traduction le 26 septembre 2019. Le Bastian est le prix de traduction annuel décerné par l’Association norvégienne des traducteurs littéraires (Norsk Oversetterforening).

(https://www NULL.ceatl NULL.eu/wp-content/uploads/2019/10/Sverre-Dahl-brukt-på-Bjørnsonfestivalen NULL.jpeg)

Le lauréat 2019 est Sverre Dahl (http://oversetterforeningen NULL.no/bastianprisen-2019-tildelt-sverre-dahl/) pour sa traduction de Tyll, de Daniel Kehlmann. Quatre autres titres étaient en lice : la traduction de The God of Nightmares de Paula Fox, par Tove Bakke, celle de De polyglotta älskarna, de Lina Wolff, par Bodil Engen, de Oliver Twist de Charles Dickens par Torstien Bugge Høverstad, et de The Intuitionist de Colson Whitehead par Knut Johansen.

(https://www NULL.ceatl NULL.eu/wp-content/uploads/2019/10/Vogt-Kirsti-3 NULL.jpg)
© Bunderbluss

Dans la catégorie traduction de littéraire jeunesse et jeunes adultes, le prix Bastian a été décerné à Kirsti Vogt (http://oversetterforeningen NULL.no/bastianprisen-for-barne-og-ungdomslitteratur-2019-tildelt-kirsti-vogt/) pour sa traduction de Nevermoor : The Trials de Morrigan Crow, de Jessica Townsend.

Les lauréats reçoivent chacun 50 000 couronnes norvégiennes (environ 5000 euros) et une statuette de l’artiste norvégien Ørnulf Bast.

6ème Conférence sur la traduction et l’interprétation espagnol-allemand/allemand-espagnol

(https://www NULL.ceatl NULL.eu/wp-content/uploads/2019/10/CEATL-News_Spain_10_19 NULL.png)La section Allemand du Département de traduction et interprétariat de l’Université de Salamanque (Espagne) a le plaisir d’annoncer le 6ème STIAL (Simposio de traducción e interpretación del y al alemán), une conférence sur la traduction et l’interprétation de l’espagnol en allemand et vice versa, qui se tiendra à Salamanque les 25, 26 et 27 mars 2020.

Comme dans les éditions précédentes, l’objectif principal est non seulement d’offrir à des professionnels, professeurs et étudiants en traduction et interprétariat un forum où ils peuvent échanger des idées et des pratiques, mais aussi de réunir un panel spécialement dédié aux jeunes chercheurs (étudiants en licence, master ou doctorat). De plus, les professionnels de la traduction et de l’interprétariat pourront partager leur expérience ou mener des ateliers pratiques. Les différents panels de discussion peuvent être consultés ici (http://stial NULL.usal NULL.es/secciones-tematicas/) et les formats de participation, ici, en allemand ou en espagnol (date limite : 30 novembre 2019)

Nous espérons que Salamanque sera une fois encore un lieu de rencontre pour des discussions sur les dernières tendances de la recherche et les meilleures pratiques professionnelles concernant la traduction et l’interprétation de et en allemand.

Tous les renseignements se trouvent sur le site officiel http://stial.usal.es/ (http://stial NULL.usal NULL.es/)